L’impact environnemental

Le coton est aujourd’hui une des fibres les plus demandées sur le marché du textile. Cette fibre naturelle présente cependant un réel impact environnemental au moment de sa production.

  • La culture cotonnière est en effet la troisième culture la plus consommatrice d’eau d’irrigation après le riz et le blé mais avant le maïs et les fruits et légumes. A l’échelle mondiale, l’irrigation concerne 55% des surfaces cotonnières.

Environ 5263 litres d’eau sont nécessaires pour produire un kilogramme de coton.

L’irrigation des cultures entraîne une forte consommation d’eau pouvant ruiner toute une région. Ce fut le cas de l’assèchement de la mer d’Aral. Cet assèchement est dû au détournement de l’eau de cette mer afin d’irriguer les champs   de  culture de coton d’Asie centrale. Sa surface a été divisée   par trois en seulement deux décennies. C’est l’une des plus importantes catastrophes environnementales du XXème siècle.

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Evolution de la quantité d’eau de la mer d’Aral de 2000 à 2010

  • Outre le gaspillage de l’eau, la culture de cette plante nécessite énormément d’engrais et de pesticides. L’usage d’engrais est polluant. Les agriculteurs lors de l’utilisation de pesticides respirent des vapeurs toxiques et peuvent contracter de nombreuses maladies. La culture du coton a donc un impact néfaste sur les hommes.

Au total, plus de 75% du coton mondial est cultivé dans les pays en voie de développement. Ces pays utilisent en majeure partie des pesticides pouvant causer des problèmes de santé. Les producteurs de coton dans le monde utilisent environ 2 milliards de dollars de pesticides chimiques, dont au moins 819 millions de dollars US sont classés comme « dangereux » par l’Organisation mondiale de la santé (institution spécialisée des Nations Unies pour la santé, et ayant pour but d’amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible

Bien qu’il existe entre les pays des variations considérables d’utilisation de pesticides, pour chaque hectare de coton, en moyenne, près de 1 kilogramme de pesticides est appliqué. Une étude récente a révélé que le producteur de coton indien souffre en moyenne de trois cas d’intoxication aux pesticides sur une seule saison.

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Aspersion de pesticides par avion sur un champ de coton en Caroline.
(source : http://www.lethist.lautre.net)

Les produits chimiques ont longtemps été la solution universelle aux problèmes posés par les insectes. Cependant chez certains insectes des mutations génétiques (une modification de l’ADN) apparaissent au hasard. Ces insectes mutants  vont avoir un avantage sélectif et vont survivre, c’est ce que l’on appelle la sélection naturelle.

Par ailleurs, les usines textiles rejettent leurs eaux usées et contaminent ainsi les eaux de surface et souterraines comme les nappes phréatiques.Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, cette culture serait responsable de 22 000 morts par intoxication chaque année : Des personnes ayant bu l’eau contaminée par les produits toxiques de pesticides.

  • L’utilisation de pesticides impacte directement notre santé, et présente également un problème pour notre environnement. En effet, les molécules de pesticides voyagent dans l’air lors des épandages techniques, ces derniers consistent à répartir des produits chimiques sur des champs de culture. Suite à l’évaporation due au soleil, les molécules des pesticides se retrouve des eaux de pluies. Les pesticides parcourent ainsi de longues distances. On estime, par exemple, que lors de la pulvérisation ;  25 à 75 % des quantités appliquées  dans les champs de culture de coton partent dans l’atmosphère, ce qui entraîne une contamination de l’air, des brouillards et des pluies.
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Effets de la dioxine sur le corps humain
(source : http://www.ovnisant.com)

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Schéma représentant la propagation des pesticides dans l’air, l’eau et le sol
(source : http://www.cg66.fr/64-pesticides.htm

  • Une fois le coton récolté, ses fibres sont lavées, filées puis blanchies, notamment au chlore. Le blanchiment au chlore crée un produit appelé dioxine qui a des effets très nocifs sur l’environnement. C’est aussi un agent mutagène, c’est à dire qu’il peut favoriser l’apparition de mutations génétiques.

Le coton est ensuite teinté à l’aide de métaux lourds comme le plomb et le chrome, très toxiques.

Le polyester

Le polyester est une des fibres synthétiques les plus utilisées dans l’industrie pour son faible coût de fabrication. Elle présente cependant un risque environnemental.

  • Le polyester lors de sa fabrication nécessite l’usage de pétrole comme nous l’avons expliqué dans la première partie, une ressource non renouvelable à l’échelle humaine et polluante. Le pétrole brut est raffiné, il passe par plusieurs étapes et réactions chimiques pour produire le polyester qui est lui même transformé en fil de polyester après plusieurs traitements. Il faut environ 1,5 kg de pétrole pour fabriquer 1kg de Polyester.
  • Le polyester lors de sa teinture nécessite l’usage de véhiculeurs. Ces derniers sont des produits qui accélèrent la vitesse de diffusion d’un colorant dans les fibres textiles. en général ces véhiculeurs sont des produits toxiques pour l’environnement ; certaines de leurs particules peuvent être rejetées dans l’environnement par les eaux usées et ainsi contaminer  les milieux aquatiques.

    2. Le devenir des fibres textiles

L’usage polluant 

Le polyester,  lors de son usage est une fibre polluante. En effet, les machines à laver ont été mises en cause dans la contamination de la faune et de la flore marines selon une étude publiée dans la revue Environnementale science and technology (27 Octobre 2011).

Lors d’un lavage de fibres synthétiques de petites particules plastiques sont rejetées. Des particules de plastique qui composent les fibres synthétiques ont été retrouvées en mer. En effet des chercheurs ont mis en évidence que les zones où le plus de particules de plastique sont présentes corresponden- aux zones les plus densément peuplées.

Les 240 millions de tonnes de matières plastique produites chaque année dans le monde, transformées en de millions de petites particules, voyagent par les réseaux d’eaux usées jusqu’aux océans. Une fois le voyage sous terre terminé, le plastique flotte à la surface de l’eau et se regroupe sous forme de gyres, de gigantesques tourbillons d’eau océanique formé d’un ensemble de courants marins, menaçant l’écosystème marin tout entier, c’est la formation de « continents de déchets ».

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Continent de déchet découvert dans le Nord-Est du Pacifique contenant notamment des résidus de fibres textiles artificielles.
(source : http://www.maxisciences.com)

Rien qu’en Méditerranée  500 tonnes de plastiques y seraient présentes.

Selon les chercheurs, le lavage en machine d’un seul vêtement synthétique peut rejeter plus de 1900 microparticules de matière plastique, principalement sous formes de fibres, une centaine par litre.

De plus, les vêtements lors de leur lavage nécessitent l’usage de détergents. Un détergent est un composé chimique qui est généralement issu du pétrole, il est doté de propriétés tensioactives, ce qui le rend capable d’enlever les taches. Lors de l’utilisation de détergents, des particules sont rejetées par les eaux usées entraînant ainsi la contamination des milieux aquatiques. En effet, les phosphates sont les principaux ingrédients utilisés dans les détergents domestiques et industriels. Les phosphates sont des nutriments. La principale préoccupation relative à l’utilisation des phosphates dans les détergents est qu’elle peut conduire à un excès de nutriments dans l’environnement aquatique ce qui peut provoquer des problèmes d’eutrophisation : la modification et la dégradation d’un milieu aquatique. Les inconvénients principaux sont la diminution de la biodiversité et de la qualité de l’eau. On constate notamment  l’augmentation du volume d’algues dans les océans comme en Chine sur les côtes de Qingdao. Cette prolifération d’algues sur les plages entraine une forte consommation de dioxygène, menaçant ainsi la vie marine.

la destruction des fibres textiles

Les fibres artificielles sont difficiles à recycler. En effet, les fibres synthétiques comme le polyester sont fabriquées à base de produits extraits du pétrole. Les fibres textiles après leur usage sont envoyées dans des décharges et mettent des décennies à se décomposer. Les fibres textiles peuvent être aussi incinérées, une grande quantité de CO2 est alors rejetée dans l’atmosphère accentuant ainsi le phénomène du réchauffement climatique. Par exemple, en France, seulement 20 millions d’habitants ont accès à des solutions de recyclage de vêtements. En effet, peu de communes disposent de containers permettant le recyclage des vêtements, certains vêtements  se retrouvent donc dans des décharges où ils seront incinérés. La France compte 36 700 communes et seulement 7000 sont équipées de containers de collecte.

 

Chaque étape de la vie d’un vêtement a donc un impact important sur l’environnement. Que ce soit lors de sa fabrication avec l’utilisation de l’eau, de produits chimiques comme les pesticides ou lors de teintures chimiques. Lors de son utilisation, de nombreuses microparticules sont rejetées dans l’écosystème entraînant ainsi une pollution des océans ; Les détergents utilisés lors du lavage du vêtement présentent également un réel impact au niveau de la faune marine. Enfin à la fin de son cycle de vie, il peut être incinéré dégageant une grande quantité de CO2, ou être délaissé dans une décharge où il mettra des décennies à se décomposer. Les fibres textiles sont donc un sujet important de notre société actuelle. Nous en utilisons de plus en plus donc cette hausse de production entraine une augmentation de la pollution. C’est pourquoi, dans la troisième partie nous étudierons de nouvelles fibres textiles innovantes qui pourront peut-être répondre un jour aux problèmes environnementaux. 

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